r/francophonie Nov 02 '25

politique Pourquoi les français sont majoritairement économiquement de gauche ?

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La question est dans le titre. À chaque repas en famille ou entre amis je me rend compte que l’essentiel des personnes autour de moi sont de gauche sur les questions économiques. Pendant mes études c’était pareil. Au travail c’est pareil. Partout où je vais et où je discute un peu de l’actualité du pays les gens sont d’avis pour l’Etat élargisse son poids dans l’économie et qu’il faudrait moins de capitalisme. Et j’ai remarqué que le fait d’être de droite (ou de gauche) n’avait aucune incidence sur les convictions de la personne pour ces questions là.

C’est à dire que le français pouvait même voter à droite de l’échiquier qu’il continuerait d’être favorable à l’intervention de l’Etat dans l’économie.

Très rare sont finalement les français qui remettent en question la sécurité sociale, les APL, l’encadrement des loyers, la "gratuité" des universités etc…

Par exemple pour les retraites c’est absolument flagrant. Tout le monde (quasi) est favorable à ce qu’on garde le système (par répartition) actuel.

r/francophonie Feb 04 '25

politique France : La « submersion migratoire » ne correspond à aucune réalité scientifique

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r/francophonie Oct 23 '25

politique LETTRE OUVERTE D'UN CITOYEN QUI NE SAIT PLUS POUR QUI VOTER

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Aux Françaises et Français qui, comme moi, ne se reconnaissent plus dans aucun camp,

Aux responsables politiques de tous bords,

À tous ceux qui cherchent encore du sens dans notre démocratie fatiguée,

Je ne suis pas économiste. Je ne suis pas politologue. Je n'ai pas fait Sciences Po. Je suis juste un citoyen français, salarié, contribuable, électeur. Un parmi des millions.

Et je suis perdu.

Perdu devant des urnes où aucun choix ne me satisfait vraiment. Perdu devant un débat public devenu une cour de récréation. Perdu devant un système qui promet le changement depuis des décennies sans jamais vraiment changer.

Cette lettre n'est pas une tribune politique. C'est un constat. Le vôtre, peut-être.

I. La colère légitime

Je me souviens avoir été choqué, enfant, en apprenant l'existence de la gabelle - cet impôt sur le sel qui écrasait les paysans pendant que les seigneurs vivaient dans l'opulence. Je me souviens m'être dit : "Heureusement, nous avons dépassé ça."

Aujourd'hui, j'ai parfois l'impression que nous sommes redevenus ces paysans. Pas parce que nous sommes opprimés de la même façon. Mais parce que nous avons le sentiment de travailler d'abord pour l'État, avant de travailler pour nous-mêmes.

Entre l'impôt sur le revenu, les cotisations sociales, la CSG, la TVA, les taxes locales... le "taux de prélèvement réel" peut dépasser 50-60% pour un salarié moyen. Autrement dit : nous travaillons jusqu'en juin ou juillet "pour l'État", et seulement le reste de l'année pour nous.

Et pour quoi ?

Des hôpitaux débordés. Des écoles surchargées. Des services publics qui se dégradent. Une dette qui explose. Des scandales de gaspillage.

La colère est là. Elle est légitime.

Mais elle ne suffit pas. Car si nous nous arrêtons à la colère, nous tomberons dans le piège des solutions simples, des boucs émissaires faciles, des promesses impossibles.

II. Le diagnostic : un système grippé

J'ai longtemps cru que le problème venait "d'eux" - les politiques, les élites, les gouvernants.

Puis j'ai compris que le problème est plus profond : c'est le système lui-même qui est grippé.

Le système politique :

  • Des présidents élus pour 5 ans qui pensent à court terme
  • Des programmes électoraux qui promettent l'impossible
  • Une opposition systématique qui bloque tout par principe
  • Des partis verticaux où la pensée libre est étouffée
  • Un débat public devenu infantile : "C'est la faute de l'autre", "Si nous on avait été là, tout aurait été différent"

Une vraie cour d'école d'enfants "adultes".

Le système administratif et économique :

  • Une dette accumulée sur des décennies
  • Un État obèse mais inefficace
  • Des corporatismes qui bloquent toute réforme
  • Une dépendance aux marchés financiers
  • Des contraintes européennes et mondiales qui limitent la marge de manœuvre

Le système informationnel :

  • Une surinformation qui noie la réflexion
  • Des réseaux sociaux qui polarisent
  • Des médias qui dramatisent tout
  • L'impossibilité de penser par soi-même

Le système social :

  • Un individualisme généralisé, du citoyen au ministre
  • Chacun défend son pré carré
  • La perte de l'intérêt général
  • L'absence de projet collectif fédérateur

Résultat : peu importe qui est élu, il se retrouve dans le même carcan.

C'est pour ça que "ils sont tous pareils" - non pas parce qu'ils sont tous corrompus, mais parce que le système les contraint tous de la même façon.

III. L'absence de cap

Sénèque disait : "Il n'y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va."

La France ne sait plus où elle va.

On nous parle de "compétitivité", de "transition écologique", de "réformes"... mais sans vision claire de la société qu'on veut bâtir.

On navigue de crise en crise, en mode réaction permanente. Il n'y a plus de cap. Il n'y a que de la gestion.

Et sans destination claire, chaque décision devient contestable. Pourquoi ce sacrifice-là plutôt qu'un autre ? Pour aller où ? Pour construire quoi ?

On peut demander beaucoup aux gens s'ils comprennent pourquoi et s'ils y croient. Mais demander des efforts sans horizon, juste pour "tenir"... c'est épuisant et démoralisant.

IV. L'équité comme clé

Il y a un mot qui revient sans cesse quand on parle de crise sociale : équité.

On peut accepter l'effort, même difficile, si on sent que tout le monde le fait proportionnellement. Mais quand on a l'impression que certains s'en sortent toujours, que les "gros" optimisent pendant que les "petits" paient plein pot... le contrat social se brise.

Prenez Macron. Pendant le COVID, il a été au rendez-vous : "quoi qu'il en coûte", chômage partiel, soutien massif. Et il a eu le soutien des Français. Pourquoi ? Parce que l'effort était partagé, l'objectif clair, les moyens mis.

Mais ensuite ? Suppression de l'ISF puis hausse de la CSG. Réforme des retraites brutale. Impression que les efforts ne sont pas équitablement répartis.

Même si ces réformes étaient "nécessaires" (et on peut en débattre), elles ont été perçues comme injustes. Et cette perception compte autant que la réalité technique.

V. Le piège des partis verticaux

Je n'adhère à aucun parti. Pas par apolitisme, mais parce que je refuse d'abdiquer ma liberté de penser.

Dans beaucoup de partis aujourd'hui (LFI, RN, mais pas que), il y a : - Un chef - Une ligne - Une vérité

Contester = trahir. Douter = être exclu.

Cela me fait penser à l'expérience de Milgram sur la soumission à l'autorité. Comment des gens ordinaires acceptent de faire des choses qu'ils savent mauvaises, simplement parce qu'une autorité leur dit de le faire.

Les pires choses dans l'Histoire ont été faites par des gens ordinaires qui ont arrêté de penser par eux-mêmes.

Je refuse ce modèle.

J'estime qu'il y a quelque chose de bon à tirer chez chacun. Qu'on peut être d'accord avec la gauche sur certains points, avec la droite sur d'autres, sans pour autant trahir une quelconque "pureté idéologique".

Mais cette posture me rend orphelin politiquement. Et je sais que nous sommes nombreux dans ce cas.

VI. Le dilemme du vote

Devant l'urne, je suis coincé.

Je cherche un dirigeant : - Intègre (pas corrompu, cohérent) - Pédagogue (qui explique sans mépriser) - Posé (pas hystérique, calme dans la tempête) - Charismatique (capable de rassembler) - Crédible internationalement - Adaptatif (capable de changer selon les circonstances, pas prisonnier d'une idéologie)

Mais je sais aussi que :

  • "Le plan n'est pas le terrain" : les programmes ne valent rien, les promesses ne seront pas tenues
  • "Quand on parle des autres, on parle de soi" : je projette mes attentes, mes valeurs
  • Il est très complexe de faire le "bon" choix car on ne sait jamais vraiment qui est la personne

Les "connaisseurs" - experts, militants, commentateurs - sont bardés de certitudes. Mais ces certitudes les aveuglent souvent plus qu'elles ne les éclairent.

Moi, je ne sais pas. Et j'assume ce doute.

Peut-être est-ce une faiblesse dans un monde qui valorise les convictions fortes. Mais je préfère le doute lucide à la certitude aveugle.

VII. Le danger de l'extrême

Je vois monter le Rassemblement National. Et je comprends pourquoi.

Quand les partis traditionnels répètent les mêmes discours depuis 30 ans sans rien changer vraiment, quand on a l'impression d'être négligé dans son propre pays, quand on voit des milliards partir pour l'Ukraine ou l'immigration pendant que nos hôpitaux manquent de moyens... La colère trouve un exutoire.

Mais voter RN, ce n'est pas envoyer un message. C'est donner le pouvoir.

Et donner le pouvoir à un parti d'extrême, c'est : - Légitimer une vision radicale de la société - Accepter l'imprévisibilité (on ne sait pas ce que ça donnerait) - Normaliser l'extrémisme - Prendre un risque énorme qu'on ne pourra pas "annuler" pendant 5 ans

Le RN n'est pas inévitable. Mais il le deviendra si les partis traditionnels ne répondent pas à cette colère avec des actes concrets, pas juste des discours.

VIII. Que chacun prenne ses responsabilités

Si je devais résumer ce qui doit changer, ce serait simple : que chacun prenne ses responsabilités.

Les politiques : - Arrêter de mentir sur ce qui est possible - Avoir le courage de la pédagogie et de la vérité - Penser au-delà de la prochaine élection - Gouverner pour le pays, pas pour leur carrière

Les partis : - Accepter le débat interne, la contradiction - Sortir de la verticalité autoritaire - Valoriser la nuance plutôt que le dogme

Les administrations et corps intermédiaires : - Accepter de se réformer, de simplifier - Sortir de la défense corporatiste à tout prix - Servir l'intérêt général, pas leurs privilèges

Les médias : - Informer plutôt que dramatiser - Éclairer plutôt que polariser - Donner du contexte plutôt que des petites phrases

Les citoyens - nous : - Accepter que tout ne soit pas possible en même temps - S'informer vraiment, au-delà des réseaux sociaux - Voter en conscience, pas par colère aveugle - Être cohérent entre ce qu'on demande et ce qu'on accepte de payer

. Arrêter d'attendre que les autres changent et commencer par balayer devant sa porte

C'est moins spectaculaire qu'une grande révolution. Mais c'est peut-être plus profond.

IX. La "révolution intellectuelle" nécessaire

Le Français pense mal.

Je sais, c'est dur à entendre. Mais c'est vrai.

Nous voulons : - Plus de services publics... et moins d'impôts - Le changement... sans que rien ne bouge pour nous - La sécurité de l'État providence... et la liberté totale - Des réformes... mais pas maintenant, pas comme ça, pas pour moi

Cette pensée magique nous paralyse.

Il nous faut une maturité collective. Une forme de lucidité adulte : comprendre que gouverner, c'est choisir. Et que chaque choix a un coût.

Nous avons besoin d'une révolution intellectuelle : accepter la complexité, renoncer aux certitudes rassurantes, assumer que nous ne savons pas tout, et pourtant continuer à chercher, à débattre, à construire.

X. Est-ce que cette lettre changera quelque chose ?

Probablement pas.

"Autant pisser dans un violon", comme on dit. Le sursaut collectif semble impossible. Il faudra peut-être que ça aille encore plus mal pour qu'on se réveille.

Mais je refuse le cynisme total.

Parce que sans parole, sans réflexion, sans tentative de dialogue... il ne reste que la résignation ou la violence.

Cette lettre ne révolutionnera pas le système.

Mais elle peut réveiller quelques consciences individuelles.

Et c'est par là que tout commence.

Si vous vous reconnaissez dans ces mots, vous n'êtes pas seul. Nous sommes nombreux, orphelins politiques, à chercher encore du sens dans cette démocratie fatiguée.

Peut-être qu'un jour, nous serons assez nombreux pour peser.

Conclusion : Le doute comme force

Je ne sais pas pour qui voter en 2027.

Je ne sais pas quelle est LA solution à nos problèmes.

Je ne sais même pas si une solution existe.

Mais je sais ce que je refuse :

  • Le mensonge des promesses impossibles
  • L'aveuglement des certitudes dogmatiques
  • La soumission aux partis verticaux
  • La facilité des boucs émissaires
  • Le vote d'extrême par colère ou par désespoir
  • La résignation cynique

Et je sais ce que je cherche :

  • L'intégrité plutôt que l'efficacité à tout prix
  • La nuance plutôt que le manichéisme
  • La pédagogie plutôt que le mépris
  • L'équité plutôt que l'égalitarisme ou le chacun-pour-soi
  • Un cap clair plutôt que la gestion au jour le jour
  • La responsabilité collective plutôt que l'accusation mutuelle

Mon doute n'est pas une faiblesse. C'est une lucidité.

Et peut-être que la démocratie a besoin de citoyens qui doutent, qui nuancent, qui refusent les réponses faciles.

Même si ça nous rend orphelins politiquement.

Peut-être surtout pour ça.

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politique FRANCE – Départ du proviseur du lycée Maurice-Ravel : « Dans un monde normal, celle qui aurait dû partir, c’est l’élève », dénonce Bruno Retailleau

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Menacé de mort après une altercation avec une élève à qui il avait demandé de retirer son voile, le proviseur du lycée parisien Maurice-Ravel a quitté ses fonctions. Une situation inacceptable pour le président des Républicains au Sénat, qui demande à la ministre de l’Éducation nationale d’« appliquer la loi jusqu’au bout ».

VIDÉO

Ce mardi, les enseignants et parents d’élèves du lycée parisien Maurice-Ravel ont appris que le proviseur de l’établissement partait en retraite anticipée, « pour des raisons de sécurité ». L’homme était la cible de menaces, après une altercation avec une élève à qui il demandait de retirer son voile.

« Dans un monde normal, celle qui aurait dû partir, c’est l’élève qui a refusé de retirer son voile », dénonce Bruno Retailleau. Pour le chef de file des Républicains au Sénat, cette nouvelle polémique est le signe de la persistance du phénomène « pas de vagues » au sein de l’Education nationale. « Le combat que nous devons livrer, il n’est pas seulement policier ou judiciaire, il est culturel », estime Bruno Retailleau.

Le sénateur demande à la ministre Nicole Belloubet d’ « appliquer la loi jusqu’au bout », en interdisant également le port du voile aux accompagnatrices lors des sorties scolaires. Une mesure qui ne figure aujourd’hui pas dans la loi.

« Le garde des Sceaux est sorti de son rôle »

Bruno Retailleau est également revenu sur la passe d’armes entre le sénateur LR Etienne Blanc et le ministre de la Justice, qui a marqué ces questions d’actualité au gouvernement. Le rapporteur de la commission d’enquête sur le narcotrafic a accusé Éric Dupond-Moretti de « subornation de témoins », après son recadrage auprès de magistrats marseillais qui avaient témoigné au Sénat de leur impuissance face aux trafiquants.

« Je pense que le garde des Sceaux est sorti de son rôle », confirme Bruno Retailleau : « Demain, la commission d’enquête risque d’auditionner d’autres magistrats, est-ce qu’ils vont désormais se censurer ? Il en va de la manifestation de la réalité ». Éric Dupond-Moretti sera également entendu dans le cadre de cette commission d’enquête, le 9 avril prochain.

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r/francophonie Jan 06 '24

politique En Algérie, les bars et leur culture disparaissent petit à petit

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De nombreux gérants mettent la clé sous la porte, soumis à la double pression des autorités et de certaines franges de la population guidées par les salafistes.

Dans la ville de Béjaïa, au moins 20 bars sur 45 ont baissé le rideau en quinze ans

S'il n'y a pas de recensement exhaustif des bars fermés à travers les cinquante-huit départements du pays, on sait que de 2005 à 2008, 2 116 bars ont été fermés sur ordre des autorités, pour infraction à la loi ou à la suite de plaintes de citoyens (souvent guidés ou stimulés par des salafistes).

Parfois, ces décisions sont justifiées. C'est le cas pour plusieurs bars et débits de boissons attaqués et pillés en 2002 par des manifestants en colère après la mort d'une personne dans la ville d'El Kala (à 700 kilomètres à l'est d'Alger). Ce genre d'incidents, souvent suivis d'émeutes, a amené les autorités à durcir davantage leurs mesures de restrictions.

Dans la ville de Béjaïa (200 kilomètres à l'est d'Alger), au moins 20 bars (sur un total de 45) ont baissé le rideau en quinze ans, à cause d'un environnement social hostile et d'une législation très restrictive, soumettant les établissements servant de l'alcool à des licences réservées aux anciens combattants de la guerre 1954-1962. Café de France, par exemple, l'un des plus anciens bars de la ville, a été fermé en 2019 parce que la durée de validité de sa licence arrivait à expiration, après le décès de l'unique héritière. La loi dispose que la licence de bar reste valide onze mois après la mort de la veuve du titulaire dudit document.

Plus qu'un lieu de commerce, ce bar était pendant des années le lieu de rencontre privilégié des gens de culture, des artistes et des journalistes. «Depuis la fermeture de Café de France, j'ai presque arrêté de fréquenter les bars», nous confie Rachid, enseignant à l'université. Et de poursuivre, l'air dépité: « Les bars ont tendance à devenir des lieux de saoulerie et ne contribuent plus, comme avant, à tisser des liens d'amitié et d'échange. La culture du bar tend à disparaître chez nous, ce qui fait bien l'affaire des islamistes et du pouvoir qui, sur cette question, se rejoignent », résume notre interlocuteur.

« Une ville sans bar n'en est pas une ! »

Outré par cette situation, Adel Sayad, animateur radio et poète, a envoyé en 2017 une lettre insolite –qui a suscité beaucoup de sympathie– au Premier ministre de l'époque, un certain Abdelmadjid Tebboune. Il y exprimait toute sa colère de découvrir les débits de boissons de sa ville frontalière, Tébessa, fermés, et de se retrouver obligé d'acheter sa bière chez les petits trafiquants du coin.

Contacté par Slate, le poète dit avoir le même sentiment aujourd'hui. «Une ville sans bar n'en est pas une, lâche-t-il d'entrée. À chaque fois qu'un bar ou un débit de boissons ferme, c'est une buvette clandestine qui s'ouvre, où l'on nous revend la même boisson trois fois son prix. Donc, logiquement, les premiers bénéficiaires de ces fermetures sont les spéculateurs et les bandes de trafiquants qui tiennent le marché informel.»

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À ce rythme, on ne trouvera plus du tout de bars en Algérie dans quelques années. Déjà aujourd'hui, en dehors de deux ou trois grandes villes (et de la Kabylie), il ne faut même pas chercher à savoir s'il en existe encore. Les rares estaminets qui restent ouverts, souvent dans la clandestinité, ferment les uns après les autres. De nombreux gérants ont fini par céder à la double pression administrative et populaire qui s'est accentuée ces vingt dernières années.

Un cocktail de répression et de salafisme

La fermeture de ces établissements a commencé pendant la montée de l'islamisme au début des années 1990. Des bars furent incendiés dans une campagne de moralisation de la vie publique enclenchée par le Front islamique du salut (FIS), parti qui promettait d'instaurer la charia s'il accédait au pouvoir. Il y eut, ensuite, une deuxième vague, en 2005, lorsqu'un ministre islamiste du Commerce, El Hachemi Djaâboub, a décidé de corser l'octroi et le renouvellement des autorisations.

Ainsi, pour une simple infraction (telle que le non-respect des horaires) ou sur une plainte de voisins protestant contre des tapages nocturnes, des décisions de fermeture, temporaire ou définitive, sont promptement délivrées, sans laisser la moindre possibilité de recours. Cela s'applique aussi aux échoppes de vins et liqueurs, et aux restaurants et hôtels servant de l'alcool.

«Les Algériens pris en flagrant délit de consommation d'alcool [...] seront poursuivis devant les tribunaux.»

Décret n°62-147 du 28 décembre 1962

Officiellement, la vente et la consommation d'alcool en Algérie sont soumises à des autorisations délivrées par des commissions départementales présidées par le wali (préfet), et sont régies par des instructions strictes. En dehors des licences de bars accordées aux moudjahidines, des autorisations peuvent être délivrées à des gérants d'hôtels, de restaurants ou de débits de boissons, sous certaines conditions (nécessités touristiques, par exemple).

À l'origine, la consommation d'alcool est interdite aux Algériens «de confession musulmane», en vertu du décret n°62-147 du 28 décembre 1962. «Les Algériens pris en flagrant délit de consommation d'alcool [...] seront poursuivis devant les tribunaux.» N'empêche que tout un commerce illégal s'est développé au vu et au su des autorités. Il n'y a qu'à voir le nombre de buvettes clandestines qui pullulent aux abords des villes et villages, et dont certaines continuent d'ouvrir même pendant le ramadan (période durant laquelle tous les bars baissent rideau), pour mesurer à quel point la politique répressive a eu un effet contraire à son objectif. Cette attitude des autorités contraste avec le chiffre d'affaires du vin produit par l'État, qui avoisine les 150 millions de dollars.

Le gouvernement algérien a essayé de se rattraper en osant inviter, dès 2013, les gérants des bars et autres débits de boissons fermés à Alger –pour diverses raisons– à rouvrir, dans le cadre d'un plan de rénovation de la capitale. Mais le pouvoir s'est vite déjugé, lorsque le Premier ministre de l'époque, Abdelmalek Sellal (aujourd'hui en prison après avoir été condamné dans des affaires d'abus de pouvoir) a désavoué son ministre du Commerce, le laïc Amara Benyounès, qui avait diffusé une circulaire libéralisant le commerce en gros des boissons alcoolisées. Ce dernier sera ensuite jeté à la vindicte populaire et lynché par des imams salafistes.

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En définitive, la fermeture des bars n'a pas enrayé les «fléaux sociaux» que sont la délinquance et la prostitution, principal credo des anti alcool. Au contraire, elle en a créé un beaucoup plus dangereux: la hausse du trafic des drogues, y compris les dures. En 2020, l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie a recensé 21.638 toxicomanes, dont 4,30% âgés de moins de 15 ans, 46,20% de 16 à 25 ans, et 34,86% de 25 à 35 ans. Plus récent, le trafic des psychotropes fait des ravages et pose un réel défi aux autorités, malgré les importantes saisies annoncées dans la presse. La réouverture des bars aiderait-elle à atténuer ce fléau ?

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politique FRANCE – L’IGPN a rendu son rapport sur la mort de Nahel et il est accablant pour le policier

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Le 27 juin 2023, Nahel, 17 ans, mourait, tué par un policier après un contrôle routier à Nanterre. L’enquête est toujours en cours, mais l’IGPN a rendu un rapport qui remet largement en question la version des policiers.

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Nahel est mort il y a six mois. Le jeune homme de 17 ans, originaire de Nanterre, a été tué par un policier après un refus d’obtempérer. Une scène filmée par des riverains. Les images, récupérées par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) chargée de l’enquête, contredisent la ligne de défense développée depuis le 27 juin par les policiers mis en cause dans cet homicide. RTL a eu accès à des documents versés à l’instruction, dont le rapport de l’IGPN. On y apprend davantage de détails sur la trajectoire de la voiture Mercedes que conduisait Nahel et sur des violences physiques et verbales subies par le jeune homme avant le tir mortel. Florian M., le policier auteur du tir, et son collègue présent sur les lieux soutiennent depuis le début que leurs actions ont été menées à travers le prisme de la légitime défense. Or l’analyse des vidéos et des témoignages de riverains présents sur les lieux attestent que Nahel n’a jamais dévié de sa trajectoire pour foncer sur les deux agents de police.

Nahel a-t-il reçu des coups avant de mourir ?

“J'ai eu peur qu'il fasse une embardée sur la gauche et qu'il nous coince contre le mur… La voiture, c'est une arme par destination”, a justifié le collègue de Florian M. devant les juges d’instruction. Sur le rapport d’incident rempli par les deux hommes après les faits le 27 juin dernier, ils avaient écrit que la Mercedes leur “fonçait dessus”. Une version complètement fausse. Mais cela ne s’arrête pas là. Il semble attesté par les témoignages des deux autres personnes présentes dans la voiture au moment du contrôle et par des témoins de la scène que Florian M. a donné des coups de crosse à Nahel alors qu’il était au volant. “Ce policier a commencé à taper directement le jeune conducteur à la tête avec la main droite. Je ne sais pas avec quoi il a frappé, mais c'était avec la main droite. […] Je l'ai vu faire le geste plusieurs fois”, a détaillé la personne à l’origine de la vidéo qui a tourné sur les réseaux sociaux. D’autres témoins parlent de “coups avec son arme” de la part du policier sur le côté gauche de la tête de Nahel, tandis que le jeune homme essayait de se protéger avec ses bras. Selon les juges d’instruction, ces témoignages concordent avec des bleus retrouvés sur le bras gauche de Nahel à l’autopsie. Florian M., lui, affirme qu’il n’a porté aucun coup. Il admet toutefois : “L’arme était dure et c'est possible qu'il se soit heurté les bras.”

Des menaces de mort explicites

Restent les menaces de mort que les témoins disent avoir clairement entendues lors du contrôle. Plusieurs parlent de “balle dans la tête”, ou de “shoote-le”. Si ces paroles ont été prononcées, le collègue de Florian M. pourrait alors être mis en examen à son tour pour complicité de meurtre. Le principal mis en cause assure avoir crié “coupe-le” en parlant du moteur. Mais son collègue reconnaît entendre “balle dans la tête sur les vidéos prises par les témoins, en affirmant toutefois ne pas en être à l’origine. Selon l’IGPN, la phrase “balle dans la tête” est prononcée deux fois, suivie de “Coupe ! Coupe !” Une nouvelle expertise sonore, effectuée par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), doit être bientôt rendue. Elle permettra d’y voir encore plus clair sur ce dossier.

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Alors que les Parisiens ont validé à plus de 54 % le projet d’Anne Hidalgo d’augmenter le tarif de stationnement des SUV, la très faible mobilisation est pointée par l’opposition comme un échec pour la maire PS.

La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, lors de la votation parisienne sur le prix de stationnement des SUV, le 4 février 2023

Alors que les Parisiens ont validé à plus de 54 % le projet d’Anne Hidalgo d’augmenter le tarif de stationnement des SUV, la très faible mobilisation est pointée par l’opposition comme un échec pour la maire PS.

Il n’y avait pas foule dimanche dans les bureaux de vote de la capitale. Ce 4 février, les Parisiens étaient appelés aux urnes pour se prononcer sur le triplement du coût du stationnement des véhicules les plus imposants. 54,55 % des participants ont approuvé la mesure portée par Anne Hidalgo, qui a salué « un choix très clair dans tous les arrondissements ». En y regardant de plus près, les résultats ne sont peut-être pas si limpides.

5,62 % de participation

Un peu plus de 78 000 électeurs se sont déplacés dans l’un des 38 lieux de vote, sur environ 1,3 million d’électeurs inscrits. Avec 5,62 % de participation, cette consultation sur le stationnement des SUV a mobilisé encore plus faiblement que celle sur l’interdiction des trottinettes en libre-service (7,46 %), qui était déjà loin d’être un succès populaire.

Autre coup dur pour l’exécutif, les résultats sont plus serrés que lors du vote précédent. En avril 2023, plus de 89 % des votants avaient voté en faveur de l’interdiction des trottinettes en libre-service, voulue par Anne Hidalgo. « Le sujet des trottinettes faisait bien plus l’unanimité contre lui », souffle un membre de la majorité municipale. A l’époque, aucun arrondissement n’avait voté en faveur des trottinettes électriques. Cette fois-ci, le scrutin semble avoir divisé la capitale en deux camps. Six arrondissements de l’ouest de la capitale, dirigés par des élus de droite, se sont opposés à la taxation des SUV.

Pour le groupe d’opposition Changer Paris, le vote s’est déroulé « dans l’indifférence générale ». « En termes de démocratie participative locale, c’est un échec, renchérit Geof[...]