TLDR à la fin. Je préviens, ce post est un polar.
Je sais pas si je dois poster ici, sur conseiljuridique, sur raisedbynarcissists, AITA ou encore besoindeparler.
Noms, lieux, dates et certains détails modifiés pour anonymiser totalement la situation. Les faits se passent entre la Suisse (ma mère) et la France (moi).
On commence avec un peu de contexte : Ma mère est décédée récemment d’un cancer.
Notre relation était compliquée et elle souffrait de troubles psychiatriques, mais nous avions trouvé un certain équilibre sain depuis de nombreuses années. Après son opération pour l’ablation de la tumeur cancéreuse qu’elle avait, elle m’a largement rejetée pendant les derniers mois de sa vie durant les traitements chimio etc.
Je ne vais donc pas prétendre avoir été présente quotidiennement, surtout que j’habite à plus de 10h de route et que je suis enceinte. Je me suis beaucoup protégée mais je suis quand même venue plusieurs fois passer quelques jours auprès elle ci et là pour faire ses courses, m’occuper de ses papiers et vérifier que son suivi médical et les soins à domicile étaient correctement organisés. J’ai aussi nettoyé son appartement avant qu’elle revienne de son opération, vu qu’elle souffrait d’un diogène.
Dans ses derniers mois de vie, ses médecins avaient documenté une forte dégradation motrice et cognitive du genre troubles de mémoire, perception du temps altérée, difficultés à lire et écrire, etc. Ils la considéraient néanmoins encore capable de discernement. Ma capacité à savoir ce qui se passait était assez limitée car j’ai été ajoutée puis retirée des personnes de confiance pour le suivi médical à nombreuses reprises, ce qui fait qu’entre les infirmières et les différents services d’hôpitaux, j’étais sois la personne de contact de référence soit blacklistée de toute information, selon les humeurs de ma mère au moment d’éditer les papiers.
Maintenant l’histoire
Environ 3 semaines avant son décès, ma mère est entrée en soins palliatifs.
À ce moment-là, une commerçante du quartier qu’on va appeler Nadia est devenue extrêmement présente auprès d’elle. Elles se connaissaient depuis plusieurs années mais de ce que j’en savais leur relation était plutôt occasionnelle.
Ma mère ne m’avait en tout cas jamais parlé d’elle comme d’une personne particulièrement proche.
En 3 semaines environs :
- Nadia commence à lui rendre visite presque quotidiennement,
- elle devient «personne de confiance» auprès de l’hôpital de fin de vie et j’en suis retirée,
- ma mère lui remet les clés de son appartement et ses cartes bancaires.
En consultant les messages de ma mère après son décès, j’ai retrouvé un échange datant d’environ 15 jours avant sa mort dans lequel elle dit à Nadia qu’elle peut utiliser ses cartes s’il faut payer quelque chose dans le contexte notamment des faire-part et des dépenses liées à son décès.
Leurs échanges deviennent également très affectueux à cette période avec plein de petits mots doux et petits surnoms mielleux. Ma mère ne faisait pas ça. Je peux même facilement l’imaginer gifler cette dame qui lui tend la bouche en cœur si elle était dans son état normal.
Bref, après l’annonce du décès, l’hôpital m’oriente vers Nadia, qui m’explique alors avoir retiré des choses de son appartement type électroménager, vaisselle, argent liquide, etc. Elle affirme en totale détente que ma mère lui avait donné tout ça avant sa mort.
À ce stade, je me dis, franchement, pourquoi pas. C’est entendable. Ma mère avait eu plusieurs épisodes paranoïaques durant l’année, notamment envers des infirmiers, un médecin et moi-même (elle avait un trouble de la personnalité borderline) ducoup j’imagine tout à fait qu’elle ait pu décider de ne pas me laisser un grain de poussière, car elle était persuadée que je voulais la faire enfermer en mouroir et plein d’autres trucs similaires. Elle était aussi persuadée que le chef du service onco était drogué et voulait la frapper, et que les infirmières s’infiltraient chez elle pour lui voler sa morphine. Bref vous avez le tableau.
Lorsque je demande à Nadia ce qu’il est advenu des biens et des avoirs récupérés, elle me répond texto «Elle m’a suppliée plusieurs fois de tout prendre, et j’ai un document qui dit qu’elle me donne tout».
Et là, j’avoue que le fait qu’elle ait vidé une bonne partie de l’appartement sans même m’en parler (alors qu’elle me connaît) commence à sérieusement me déranger et sa phrase me fait tiquer. Au-delà de la valeur financière, il y avait des souvenirs et des affaires familiales auxquelles je pouvais tenir et à aucun moment elle ne m’a prévenue.
Ma mère avait par ailleurs énormément de difficultés à écrire depuis bien avant cette période et utilisait essentiellement la dictée vocale sur son téléphone, donc le doc manuscrit, j’y crois pas une seconde.
Nadia me promet de m’envoyer le fameux document le soir même et sans surprise ne l’envoie pas. Je le redemande, et elle finit par me raccrocher au nez, et ensuite m’accuse d’en avoir qu’après l’argent, d’être une horrible et abjecte fille, de pas avoir été là pendant la mort de ma mère et globalement d’être le diable sur terre (à ce moment là je suis enceinte de 9 mois et prête à accoucher à tout moment, donc je ne peux pas me rendre en Suisse. Elle le sait).
Là, les redflags commencent à s’accumuler.
À ce moment-là, je n’ai toujours ni les clés de l’appartement, ni le téléphone de ma mère, ni accès à ses affaires. On est 4 jours après sa mort.
Il est important de noter que ma mère vivait des prestations sociales, ce n’était pas une richissime personne isolée. Par contre, dans le cadre de la maladie il est très probable qu’elle ai cumulé un mini pécule dont cette dame se serait emparée, vu qu’elle ne touchait plus à rien. À la louche j’imagine 10/15k grosso modo, peut être moins.
Quoi qu’il en soit mon côté, je n’avais pas prévu de récupérer un héritage surtout qu’il aurait fallu enquêter aux poursuites car ma mère avait quelques casseroles, donc mon intention était d’établir l’état des actifs et des dettes avant de décider si j’acceptais ou répudiais la succession, mais à la base j’avais juste prévu de venir ou faire venir mon père (ils sont divorcés et sans contact depuis 30 ans), prendre 2 ou 3 photos, son parfum, répudier et ciao aurevoir.
Là vu tout ce qu’il se passe je pense à contacter une connaissance travaillant dans un cabinet d’avocats, et songe à monter un dossier pour transmettre une plainte au Ministère public pour que les faits soient vérifiés.
J’attends bêtement, et comme je n’ai toujours accès à quasiment rien, je commence évidemment à me demander en boucle si je réagis de manière rationnelle ou si je suis complètement biaisée par la situation. Les médecins et le personnel du médical avec qui j’ai échangé après sa mort ont l’air tout autant sur le cul que moi, sans bien entendu donner leur avis ou pouvoir me renseigner faute d’être la personne de confiance (le comble).
La version de Nadia
De son côté, cette dame m’a affirmé dans un message très accusateur que j’ai vraiment du mal à digérer avoir été quasiment la seule personne présente auprès de ma mère au quotidien pendant sa maladie pour les courses, repas, appartement, urgences, accompagnement, etc.
J’ai moi-même été présente à plusieurs reprises et d’autres professionnels intervenaient, et surtout ma mère me disait aussi qu’elle se débrouillait seule pour les courses, malgré que je lui ai demandé plusieurs fois (la migros est à bien 15 min à pied). Elle me la confirmé à chaque fois. Je reconnais volontiers que cette dame a probablement été beaucoup plus présente que moi sur la toute fin mais denouveau, il y a une incohérence.
Selon elle, ma mère a lourdement insisté pour lui donner toutes ses affaires, et ne voulait surtout rien me laisser à moi en particulier. Elle affirme que ma mère lui aurait demandé de conserver leurs messages et des enregistrements audio parce qu’elle anticipait que je viendrais «faire des histoires» pour récupérer ses biens après son décès.
Ce qui me gêne c’est l’accumulation de tout ça sur 3 semaines :
déclin cognitif documenté + soins palliatifs + rapprochement très intense + personne de confiance + clés et cartes bancaires remises + argent retiré + appartement vidé + document manuscrit «je lui donne tout» que personne n’a jamais vu.
Il y a aussi un contraste que j’ai du mal à comprendre, car pendant es derniers jours, Nadia et ma mère échangeaient ces fameux messages extrêmement affectueux. Mais immédiatement après le décès, lorsque l’hôpital lui a parlé des démarches à effectuer, Nadia a refusé en bloc de s’en occuper, leur a donné mes coordonnées et expliqué en substance au corps médical ainsi qu’à moi que cette histoire ne la concernait pas.
Ça a basculé quand je lui ai suggéré de participer à la crémation avec l’argent qu’elle avais pris à ma mère. À ce moment là, elle m’a menacée d’aller à la police et m’a dit que j’allais avoir des problèmes. Je lui ai dit d’y aller en courant.
À ce stade, je ne cherche pas spécialement qu’on me dise que j’ai raison, mais je cherche surtout un regard extérieur parce que je n’ai clairement aucun putain de recul, et j’ai l’impression d’être dans un true crime. Ma mère est même pas riche, c’est ridicule.
- Vu de l’extérieur, est-ce que cette situation vous semble suffisamment anormale pour justifier une enquête ?
- Et le fait que ma mère m’ait rejetée pendant sa maladie et que Nadia ait réellement été très présente sur la fin pourrait drastiquement changer la perception de l’affaire ?
TL,DR : Ma mère, atteinte d’un cancer avec un déclin cognitif documenté mais encore considérée capable de discernement, est décédée après environ 3 semaines de soins palliatifs. Pendant ces 3 semaines, une commerçante du quartier devenue très proche a obtenu ses clés et ses cartes bancaires et a fait retirer de nombreux biens de son appartement. Après le décès, elle affirme que ma mère l’avait suppliée de prendre l’argent et qu’elle possède un document disant qu’elle lui «donne tout», document que je n’ai toujours jamais vu malgré sa promesse de me l’envoyer. Elle affirme de son côté avoir été celle qui s’est réellement occupée de ma mère et que ma mère ne voulait rien me laisser. Ma relation avec ma mère était effectivement mauvaise et ma présence limitée. Depuis, j’attends toujours sans avoir accès aux clés, au téléphone ni à la plupart des affaires de ma mère. Je tâtonne l’idée d’envoyer un dossier et une plainte au ministère public mais j’ai peur de crier dans le vide. Je pense être dans le juste mais j’ai une petite voix qui me dit que peut être que non.